Anthropocène ! Ce mot ne dit peut-être rien à certains d’entre nous mais il qualifie une ère géologique qui aurait débuté au XVIIIe siècle avec la révolution industrielle après 12 000 ans d’Holocène.
En deux siècles, Homo sapiens vient de marquer tellement la Terre qu’on doit lui consacrer une nouvelle ère géologique : disparition de 60 % de la biomasse des insectes, disparition de nombreux animaux de grande taille, réduction massive du stock d’énergie fossile, production de déchets nucléaires qui persisteront des millions d’années, modification durable de l’atmosphère et de son climat, modifications génétiques artificielles…
Les alertes sont maintenant nombreuses face à une réponse générale réduite pour traiter urgences climatiques, urgences sanitaires, pénuries de ressources, nucléarisation des guerres… Nous faisons toujours plus de la même chose, ce qui met en péril l’espèce. L’Homme n’a plus qu’un seul ennemi à redouter : lui-même. L’urgence commande d’aller vite et l’Homo sapiens que nous connaissons ne répond pas à ces nouveaux défis. Bien sûr, l’espèce humaine ne peut pas rapidement changer génétiquement mais elle peut évoluer culturellement pour tempérer instincts et excès qui la mènent à sa perte.
Par l’accumulation des savoirs transmis, par la science, les humains, qui n’étaient que des êtres vivants parmi d’autres, sont devenus responsables de la vie sur Terre. Imaginez ! Dans plusieurs pays du monde, un seul dirigeant, parfois associé à un nombre très réduit d’autres Homo sapiens, a le pouvoir de déclencher la destruction nucléaire de la planète. Notre comportement n’est pas à la hauteur de cette responsabilité. Nous n’avons pas de planète B mais il y a encore la possibilité de construire culturellement un Homme B. Un Homme qui apprenne à explorer plutôt que conquérir et posséder, qui évite de s’entêter dans son entreprise de destruction, de terre brûlée, de fuite en avant. Traiter les problèmes d’aujourd’hui avec les erreurs d’hier ne donne aucune chance de trouver les solutions de demain. Nous avons besoin d’une culture qui civilise nos instincts à la hauteur des enjeux induits par la réussite de notre espèce.
Ce projet de socle culturel, c’est l’élaboration d’une culture mundi qui rassemble, sans remettre en cause les cultures et croyances de chacun. Chaque Homo mundi doit apprendre à accueillir une part de l’identité du monde dans son identité personnelle. Au sein de l’humanité, beaucoup nous rapproche et peu nous sépare, car il n’y a rien de ce qui nous sépare qui ne peut être réduit par l’éducation.
Il ne s’agit pas de faire du monde un pays, car la résilience et la capacité d’adaptation de l’humanité dépendent de la diversité de ses individus comme de ses cultures. L’ambition pour Homo mundi, c’est d’identifier et partager ce socle commun qui lui permettra de traiter, pour les prochaines décennies, quelques défis mondiaux majeurs qui lui font face, en répartissant l’effort de la manière la plus équitable.
Ce livre commence par les sujets qui nous rapprochent : nos origines communes, nos instincts individuels et sociaux (acquis au sein d’un pacte tribal de plusieurs centaines de milliers d’années), le savoir que nous devons à tous les peuples qui nous ont précédés, sans oublier nos biais cognitifs issus d’une évolution qui nous a dotés d’un cerveau subjectif privilégiant nos intérêts individuels directs.
| « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux »; Inscription sur le seuil du temple de Delphes, attribuée à Socrate, philosophe grec |
Dans un deuxième temps, c’est une réflexion personnelle qui est suggérée pour mieux cultiver liberté de penser et tolérance entre cultures et croyances du monde. Quatre sujets principaux, auxquels chacun d’entre nous est confronté, sont évoqués : la manipulation, la science, la religion, la transmission aux générations futures.
La dernière partie du livre évoque plusieurs défis mondiaux qui nous font face et l’espoir que nous offrent quelques succès historiques qui pourraient inspirer l’avenir de nos actions.
Nous sommes tous responsables de la construction du monde de nos enfants, ce monde qui nous a été confié et que nous avons commencé à leur abîmer. Même si nous percevons l’urgence et l’importance de répondre aux défis posés par ce XXIe siècle, que de difficultés à faire converger notre stratégie personnelle, nos résistances psychologiques, nos pulsions ou nos incohérences avec un projet collectif à l’échelle mondiale !
La démarche sera réussie si chacun d’entre nous se convainc qu’il peut participer, à son échelle, à ce partage de connaissance, à la prise de conscience qu’il fait naître et au besoin impératif de renouveler nos efforts pour éviter de répéter nos erreurs.
Alors, pourquoi ne pas mûrir son projet personnel à partir d’un ouvrage ? Les quelques pages d’un livre ne suffisent pas pour expliquer la complexité du monde mais elles peuvent initier une réflexion à partir d’informations issues de domaines divers – astrophysique, biologie moléculaire, naturalisme, sociologie, anthropologie, psychologie cognitive…
Nous pouvons au mieux partager un tableau impressionniste qui se précisera par la participation du plus grand nombre. C’est l’origine de l’idée d’un Wiki book pour permettre, à ceux qui le souhaitent, d’enrichir une réflexion qui conduise à l’action.
C’est pourquoi, les lignes qui suivent sont l’introduction à un débat pour qu’éducation, science et culture conduisent à un consensus universel malgré les nombreux obstacles comme les conflits d’intérêts, les rapports de force, les croyances ou les contraintes structurelles des sociétés dans lesquelles nous avons grandi.
Alors, quelle culture souhaitez-vous pour Homo mundi ? Que doit-il savoir pour que ses valeurs veillent à l’entretien de notre maison commune ? Quels sont les défis mondiaux prioritaires ? Comment réussir une mobilisation à l’échelle mondiale ?
Le chemin sera long, autant commencer tout de suite !
Rejoignez-nous pour écrire les pages suivantes sur notre Wiki book à l’adresse http://www.homomundi.org.