6. Le savoir, trésor et avenir de l’espèce
Le savoir civilise, l’ignorance barbarise. La connaissance, c’est le sang des civilisations, l’habit des civilisés, la lumière qui réveille le cerveau et le rend curieux et fécond. Privé de cette ouverture, faute d’alternative, le barbare ne doute pas, il n’écoute que son instinct.
« L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit ». Aristote, philosophe grec
Notre savoir est la sédimentation d’un patrimoine qui, à chaque fois qu’il nous a permis d’aller plus loin, nous a été transmis par le geste, la parole, l’écriture, le numérique. L’Homme fonctionne en un réseau d’intelligence, de connaissance, de puissance. L’écriture, l’imprimerie, l’informatique ont été de formidables accélérateurs pour la transmission du savoir, de l’innovation. Savoir lire, savoir écrire, avoir accès au savoir sont à la fois de puissants facteurs d’intégration pour ceux qui les maîtrisent et des facteurs d’exclusion pour ceux qui n’y ont pas accès. La maîtrise des moyens numériques d’échange est devenue aussi sélective que la lecture. Pourtant, internet est l’outil tant espéré qui offre la clé du monde à ceux qui veulent y contribuer.
Imaginez un monde dans lequel chaque personne, où qu’elle soit, dispose d’un libre accès à la somme de tout le savoir humain. ”. Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia
L’enseignement compte maintenant un quatrième levier de progrès : alors qu’il fallait apprendre à lire, écrire et compter, il faut maintenant apprendre la grammaire de l’internet pour accéder au savoir. Le savoir devient de plus en plus disponible mais il faut apprendre à bien l’utiliser.
“Le savoir est la seule richesse qui se partage sans s’appauvrir”. Anonyme
Cette métamorphose de la communication a sa face sombre car ce nouveau réseau d’information est devenu un territoire en soi, un nouveau terrain de guerre pour acquérir et défendre cette richesse qu’est la connaissance. Défendre les initiatives de partage du savoir, c’est donner sa chance à une culture Homo mundi. Merci donc à Wikipédia, aux MOOC[1]gratuits d’université et aux nombreuses initiatives de mise à disposition et de diffusion du savoir à petit prix… L’imprimerie a libéré l’Europe du Moyen-Âge, internet est arrivé à point pour mettre à notre disposition un système mondial qui participe à la résolution des défis mondiaux que nous nous sommes créés.
“Croire est un droit mais savoir est un devoir”. Sophia
« Sutor, ne supra crepidam » est une locution latine pour dire, « Cordonnier, ne va pas plus haut que la chaussure »ou autrement « Cordonnier, tiens-t’en à la chaussure et évite de porter un jugement qui dépasse ta compétence »… Il y a tant de choses à savoir que nous ne pouvons prétendre maîtriser toutes les informations existantes. Pourtant, curieusement, nous parlons de tout avec une assurance parfois proportionnelle à notre ignorance. L’ultracrépidarianisme c’est notre propension à parler et penser avec vigueur de ce que nous ne connaissons pas, jusqu’à parfois nous en convaincre, pauvres cordonniers que nous sommes. Très souvent, les paroles dépassent notre pensée pour envenimer combien de réunions familiales, combien de réunions professionnelles, combien de réunions autour d’un ou plusieurs verres. Quand l’irréaliste affirme, l’intelligent, qui doute souvent, devrait se taire… Pour qu’au bout de quelque temps, l’irréaliste se contredise tout seul. À nous d’inviter notre modeste curiosité à apprendre plutôt que lui préférer l’arrogante ignorance quand nous participons au bal des discussions. Dans une conversation, vous n’apprenez rien tant que vous parlez vous-même.
« Le pire ennemi du savoir n’est pas son absence, mais l’illusion de sa présence ». Stephen Hawking, physicien anglais
En lisant, vous ne pouvez « qu’écouter » l’auteur et si vous ne l’interrompez pas, le livre alimente votre réflexion, à votre rythme. Même chez les animaux, le savoir se partage rapidement au sein des groupes au détriment des solitaires : dans l’Angleterre des villes de la fin du XIXe siècle, le lait était livré chaque jour dans des bouteilles au pied des maisons. Les mésanges bleues, les mésanges charbonnières, les rouges-gorges qui habitaient les jardins attenants aux maisons venaient se délecter discrètement de la crème au bord des bouteilles à chaque livraison matinale. Malheureusement pour ces oiseaux, l’hygiène progressant, les bouteilles ont été protégées par un opercule d’aluminium autour des années 1920-1930. En quelques mois, les mésanges ont découvert comment ouvrir l’opercule à coups de bec. Il paraît même qu’elles n’ouvraient plus que les bouteilles de lait entier, qu’elles reconnaissaient par la couleur des capsules, pour délaisser les bouteilles de lait écrémé. Les mésanges se transmettaient l’information au sein de leurs groupes et toutes les mésanges d’Angleterre ont rapidement continué à faire la fête aux bouteilles tous les matins. Les mésanges sont des animaux grégaires, la moindre innovation est imitée, le savoir est transmis au sein des groupes. Les rouges-gorges sont les grands perdants de l’histoire. Le rouge-gorge est territorial, même un pompon rouge de béret de marin qui ressemble approximativement à la gorge d’un concurrent le met dans une colère redoutable. Pas de vie en collectivité, pas de transmission de savoir, les Rouges-Gorges ont dû abandonner leur crème du matin pour se replier sur la chasse aux insectes. Partager le savoir augmente le potentiel de résilience. C’est notre challenge quotidien : doit-on être Rouges-Gorges ou Mésanges, doit-on être puits de sciences ou fontaine de sciences ? À la différence d’autres biens, partager votre savoir ne diminue pas votre capital, vous gardez le même savoir et par réciprocité, il peut même s’enrichir. S’il n’est pas partagé, le savoir peut se perdre : l’histoire a certainement perdu beaucoup de savoir-faire, disparu avec les troubles des civilisations qui les maîtrisaient.
« Etre conscient de son ignorance est le premier pas vers la connaissance ». Benjamin Disraeli, Premier ministre du Royaume Uni
Parmi les principales inventions chinoises figurent la porcelaine, la sériciculture (soie), la boussole, le papier, l’imprimerie, les caractères mobiles (imprimerie), l’acier, le gouvernail de poupe, les pâtes, le papier monnaie, la poudre à canon, le canon, le mousquet, l’arbalète. Ces inventions ont progressivement bénéficié au reste du monde. Pourtant, certaines inventions ont été perdues. Au début du XVe siècle par exemple, des jonques chinoises géantes avaient été conçues pour explorer l’Océan Pacifique et l’Océan Indien mais le repli choisi en 1433 par l’empereur Ming Xuande a stoppé net cette épopée et le savoir-faire a disparu. C’est l’Europe qui a pris le relais en lançant la colonisation du « Nouveau » Monde alors que l’infériorité technologique des caravelles de Christophe Colomb était criante.

Figure 39 : Au XVème siècle une jonque de l’Amiral Cheng Ho (au second plan) comparée une caravelle de Christophe Colomb de la même époque
Notre espèce a une histoire commune que l’archéologie confirme depuis que cette discipline existe. Le mot « archéologie » est formé à partir du grec archaíos « ancien » et lógos « mot, parole, discours, science ». L’archéologie c’est non seulement l’étude des objets et des constructions fabriqués par l’Homme, mais aussi l’étude des mots, des cultures, de tout ce passé qui fait l’Homme d’aujourd’hui. Et plus on creuse, plus il apparaît évident que les cultures ont évolué en bénéficiant de la contribution des autres.
6.1 L’étonnante saga des mythes, contes et légendes
La généalogie des contes populaires et des mythes est une recherche passionnante : non, Walt Disney n’a pas inventé l’histoire du Petit Chaperon rouge, on la retrouve en Europe mais aussi en Chine, au Japon, au Nigeria. En rapprochant les contes par la proximité de leurs textes, comme pour les espèces avec leur code génétique, il est possible d’en décrire l’arbre généalogique.
Les contes de Grimm se retrouvent en Allemagne, en Inde ou en Perse. En Grèce, le mythe de Pygmalion, le sculpteur tombé amoureux de sa statue, serait né en Kabylie il y a plus de 3 000 ans ! Les Grecs s’en sont inspirés lors de leurs échanges en Méditerranée, en particulier à partir de Carthage située dans la Tunisie actuelle. Les textes se transmettent, de génération en génération, enrichis d’emprunts ou d’innovations qui perdurent au fil du temps lorsqu’ils sont adoptés. Ils se transmettent aussi au gré des échanges et des migrations.
L’archéologie des mythes montre, comme pour les religions, combien il est possible d’écrire une généalogie de leur histoire. L’évolution des mythes et des religions se construit à partir de croyances ou de religions qui les ont précédées. Comme pour le « bricolage » de l’évolution génétique, si certains concepts s’additionnent, d’autres sont abandonnés autour d’une base principale qui est conservée tant que le résultat est adapté à l’environnement.
« La Terre serait réapparue à la surface de l’océan primordial après un grand plongeon »[2] est un mythe qui serait né en Eurasie il y a 35 000 ans, et diffusé au gré des migrations dans l’hémisphère Nord. La Bible reprend ce concept dans la Genèse de l’Ancien Testament : « Dieu créa les cieux et la Terre. Au premier jour, Dieu sépara la lumière des ténèbres. Au second jour, Dieu sépara les eaux du bas de celles du haut. Au troisième jour, Il repoussa l’eau pour faire apparaître la terre sèche. »
Autre mythe de l’origine de l’humanité, « les humains seraient sortis du sol » serait né en Afrique du Sud et daterait de la première émigration de l’Homo sapiens hors du berceau Africain, il y a 60 000 ans. Là aussi, la Genèse reprend une idée proche : « L’Éternel Dieu forma l’Homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’Homme devint un être vivant. »
« La Lune mandate Lièvre pour porter à l’humanité un message de vie car les Hommes mourront et renaîtront comme la Lune » mais Lièvre a modifié le message, ce qui introduit la mort chez les humains qui, depuis, le haïssent. En punition, Lièvre a été frappé par la Lune et en garde la lèvre fendue. L’analyse de 148 versions de ce conte africain a montré qu’il est né en Afrique australe au paléolithique, il y a plus de 30 000 ans [3] ! L’Homme était initialement immortel mais un messager de Dieu s’est trompé et la mort, depuis, attend chacun d’entre nous. La Bible reprend la parabole mais cette fois-ci c’est l’Homme qui commet une erreur. Les pommes de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ne devaient pas être mangées car elles donnaient l’immortalité. Après avoir été tentés par le serpent et après avoir consommé une pomme, Adam et Ève sont chassés du Paradis. Ils deviennent alors mortels. Post-scriptum interprété bien sûr : la « connaissance » leur permet de se reproduire et ce sont leurs gènes qui prennent le relais.
Les mythes nous renseignent aussi sur ce qui se passe après la mort : les âmes empruntent la voie lactée (une rivière céleste pour les Égyptiens), par l’endroit où elle touche la Terre et montent au ciel. Le chemin bifurque à un certain point pour amener les bonnes âmes sur un chemin plat et agréable qui se sépare d’un chemin chaotique qui, lui, précipite aux enfers. Ce grand voyage nécessite un guide, un chien depuis le Paléolithique. Le Dieu à tête de chien sauvage, Anubis, tient ce rôle dans l’Égypte ancienne. Il s’appelle Xolotl chez les Aztèques à des milliers de kilomètres de marche de l’Égypte. Parfois ce guide canin peut se rebeller et vous emmener en enfer. Chez les Grecs, c’est Cerbère, le chien à trois têtes qui garde l’entrée de l’enfer. Chez les Mérominis (Amérique du Sud), l’âme du défunt traverse une rivière tumultueuse gardée par un grand chien. La voie lactée étant courbe, les âmes en la suivant reviennent sur Terre dans un royaume souterrain ; c’est pour cela que les tremblements de terre sont produits par les morts qui y vivent. Pour les Massaïs d’Afrique, plus les guerriers morts qui les provoquent sont nombreux, plus les tremblements sont intenses. Dans le monde entier, nos coutumes autour du deuil se rejoignent : après la mort, le défunt est présenté aux vivants, des rites accompagnent son enterrement ou son incinération, sa vie est évoquée pour que son image remplace sa présence dans notre inconscient.

Figure 40 : Le Dieu Anubis qui pèse l’âme du défunt et le conduit dans l’au-delà
Les contes et légendes circulent au cours de l’histoire et entre les peuples. Ils véhiculent des mythes, des émotions universelles, de la distraction, de la morale que nous partageons tous. Le Panchatantra du sage indien Pilpay (ou Bidpaï), un des livres parmi les plus lus au monde après la Bible, traduit dans plus de deux cents langues est pratiquement inconnu en Europe. Le manuscrit original fut écrit au Cachemire en sanskrit vers les iie et iiie siècles après J.-C. À partir du vie siècle, le roi de Perse en fit une adaptation en pehlevi qui fut traduite en syriaque, puis en grec, en hébreu et en arabe puis en latin. C’est de cette version latine dont Jean de La Fontaine s’est largement inspiré pour ses célèbres fables. Ses autres sources furent aussi Ésope (écrivain Grec du viie siècle avant J.-C.) et Phèdre (écrivain Romain en 50 après J.-C.).
L’histoire du partage du savoir se retrouve aussi dans notre manière de compter ou d’écrire.
6.2 L’étonnante saga des chiffres, des lettres et des mots
Les Sumériens en 3000 avant J.-C. ont inventé le système numérique sexagésimal (base 60) pour mesurer le temps selon leur interprétation de ce qu’ils voyaient dans l’espace. C’est à partir d’un nombre « divin » de 12 constellations identifiées que naîtront les signes du Zodiaque repris par les Babyloniens, les Égyptiens puis les Grecs. La mesure du temps aller en découler : il ne restait qu’à diviser une année de 360 jours en 12 mois de 30 jours ; puis de diviser chaque jour en 2 x 12 heures, chaque heure en 5 x 12 = 60 minutes, chaque minute en 5 x 12 = 60 secondes. Pour la géométrie, le cercle a été divisé en 360 degrés soit 6 x 60. L’avantage du nombre 60 c’est qu’il est divisible par 1, 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20 et 30 parties égales.
Ce nombre 12 popularisé par les Babyloniens a donné naissance aux 12 dieux dans l’Olympe des Grecs, aux 12 travaux d’Hercule, la Bible a gardé ce nombre pour l’Ancien Testament car Jacob avait 12 fils qui ont donné les 12 tribus d’Israël. Le Nouveau Testament donne 12 disciples à Jésus.
Au Moyen Âge le nombre 12 a été repris par les commerçants car 12 est divisible par 6, 4, 3, 2 alors que 10 n’est divisible que par 5 et 2. Il est aussi possible de compter avec une main sur les 3 phalanges des 4 doigts opposés au pouce tout en tenant de la marchandise dans l’autre main. Héritage de cette histoire, nos œufs sont généralement vendus, comme les packs de bière ou de lait, par 6 ou 12 unités. Même origine pour la monnaie en Angleterre ou le shilling était décomposé en 12 pence et la livre en 240 pence. Le drapeau européen n’y échappe pas non plus car ce sont 12 étoiles en cercle qui symbolisent l’harmonie entre les pays. Ce choix pourrait s’être inspiré d’un symbole catholique que l’on retrouve sur un des vitraux de la cathédrale de Strasbourg qui représente la Vierge Marie surplombée d’une couronne de douze étoiles (La Bible, livre de l’Apocalypse, 12 :1).

Figure 41 : Vitrail de Strasbourg, une couronne de douze étoiles surplombe une représentation de la Vierge Marie
Ce sont les Babyloniens, dans l’actuel Irak, qui ont eu l’idée de réduire les mois lunaires de 28 jours en 4 cycles plus courts de 7 jours. Le chiffre 7 caractérisait les 7 objets visibles à l’œil nu dans le ciel[4]: Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne, Soleil. Toute la Méditerranée a adopté cette lecture du temps vers les vie et viie siècles avant notre ère sous le soft power des Babyloniens, une propagation qui a gagné l’Inde puis la Chine. En Occident, l’emploi du découpage en semaines date seulement du iiie siècle. L’adoption du dimanche chrétien comme jour de repos, a été instituée pour se différencier des juifs, et officialisé en tant que « Jour du Soleil » par un décret de l’empereur Constantin Ier en 321 ; le nom des jours a souvent conservé comme racine le nom des planètes de Monday à Sunday pour les Anglo-Saxons ou lundi (Lune), Mardi (Mars), mercredi (Mercure), jeudi (Jupiter), vendredi (Vénus), samedi (Saturne) et dimanche dans les pays catholiques. C’est la racine de dominus, le jour du Seigneur qui a été conservé chez les Latins pour dimanche plutôt que le jour du Soleil, Sunday.
Ce symbole 7 de l’harmonie cosmique, la Bible s’en empare dès la Genèse pour décrire les 7 jours de la semaine ou le songe de Pharaon avec 7 vaches maigres, et 7 vaches grasses jusqu’à l’Apocalypse avec les 7 églises, les 7 trompettes, les 7 sceaux, les 7 péchés capitaux. Les principaux rites de passages dans la vie des croyants catholiques au Moyen Âge suivent les 7 sacrements de l’Église catholique : le baptême, la confirmation, la confession, la communion ou eucharistie, l’ordination, le mariage et l’onction des malades. Les musulmans l’ont aussi repris en effectuant 7 fois le tour de la Kaaba à La Mecque. Le Coran reprend le chiffre au verset 261 de la sourate 2 : « Ceux qui prodiguent leurs biens dans le sentier d’Allah sont à l’exemple d’un grain qui fait germer sept épis, chaque épi portant cent grains. Allah multiplie, au bénéfice de qui il décide, Allah est immense, il est omniscient. » Pour les hindous, le corps a 7 sources d’énergie, 7 chakras. Cette symbolique numérique a été reprise d’innombrables fois à travers le temps, pour donner une « légitimité biblique » : l’arc-en-ciel est découpé en 7 couleurs, la musique occidentale est fondée sur 7 notes, et nous avons tous entendu parler des 7 merveilles du monde, de Blanche neige et les 7 nains…
À part le chiffre 7, c’est le chiffre 5 des doigts de la main qui a été retenu pour les piliers ou les prières de l’Islam. La Bible a opté pour 10 commandements… Le système décimal, pour lequel on compte sur ses 10 doigts s’est manifestement imposé dans la vie de tous les jours depuis 3 000 ans avant J.-C. par les Égyptiens, les Grecs, les Chinois, les Étrusques, les Indiens.
Quelques traces d’un système de base 20 (mes 10 doigts et mes 10 orteils) ont été trouvées chez les Mayas et chez les Celtes. Il est possible que le terme « quatre-vingt » en français pour nommer le chiffre « 80 » en soit un vestige.
Pour le nombre de 40, qui est un nombre élevé quand on ne sait pas compter, c’est la somme de vos 10 doigts de main et 10 doigts de pied que vous pouvez doubler quand vous comptez ceux de l’interlocuteur à qui vous vous adressez. Lors de la rédaction de l’Ancien Testament, 40 indiquerait la durée d’une génération ou d’une période assez longue dont on ignore la longueur exacte. Il est vrai que 40 ans représentaient un âge avancé chez les Hommes, l’âge de la raison, de la maturité. Selon la Bible, c’est le nombre de l’attente, de la préparation, de l’épreuve ou du châtiment. La Bible recourt souvent au chiffre 40 : c’est le nombre de chapitres du livre de l’Exode de l’Ancien Testament ; 40 années de repentir d’Adam ont été nécessaires après sa faute ; Isaac avait 40 ans lorsqu’il épousa Rébecca. (Genèse, 25 :20) [5] ; le déluge de Noé dura 40 jours. (Genèse, 7 :4) ; Moïse avait 40 ans lorsqu’il fut appelé par Dieu et qu’il tua un Égyptien, pour ensuite prendre la fuite dans le désert de Madian. Il garda le troupeau de Jéthro pendant 40 ans, en menant une vie de solitude. Il demeura enfin 40 jours et 40 nuits au sommet du mont Sinaï avant de recevoir les tables de la Loi. (Ex 24,18). Les Hébreux ont erré 40 ans dans le désert. (Nb 32 :13). Les enfants d’Israël vécurent pendant 40 ans dans la servitude auprès des Philistins (Jug 13 :1). Pendant 40 jours Goliath défia David. Le règne de David sur Israël dura 40 ans, de même que le règne de Salomon à Jérusalem. (1 R 2 :11 et 11 :42 ; 2 Ch 9 :30). Jésus a s’est retiré et a jeûné 40 jours dans le désert. 40 jours séparent la Résurrection de Jésus de son Ascension. (Act 1 :3). Pas besoin de chercher bien longtemps pour comprendre pourquoi dans les contes des Mille et Une Nuits, Ali Baba était entouré de 40 voleurs.
Le calendrier que nous partageons tous, est lui aussi l’objet de patients ajustements. Le calendrier de la Rome antique comptait 355 jours au lieu de 365 jours car il était basé sur les cycles de la Lune. Pour éviter une désynchronisation avec l’exposition réelle au Soleil, un mois supplémentaire était rajouté tous les deux ans, le Mercedonius. La Terre prend précisément 365 jours et un quart pour effectuer une complète révolution autour du Soleil. Sous Jules César, le calendrier lunaire est abandonné au profit d’un calendrier solaire inspiré des Égyptiens. Le calendrier Julien (en l’honneur de Jules César) est introduit pour inclure des années bissextiles qui permettent de rajouter tous les 4 ans un jour de plus pour compenser le décalage des 4 quarts de jours constatés. Les mesures devenant de plus en plus précises, il est apparu que notre année n’était pas de 365 jours, ni de 365,25 jours mais de 365,24219 jours soit 11 minutes de moins. C’est l’origine de notre calendrier Grégorien actuel. En 1582, le pape Grégoire XIII a signé une ordonnance qui garde les années bissextiles sauf pour les années « centenaires »[6]; rendez-vous donc en 2100 pour une année bissextile qui n’aura pas de 29 février !
Quant au calendrier islamique, il suit toujours les phases de la Lune et n’ajoute aucun jour supplémentaire. Comme l’année lunaire ne dure qu’environ 355 jours, les dates du calendrier islamique arrivent plus tôt de 10 à 11 jours chaque année par rapport au calendrier solaire. Le ramadan par exemple aura lieu du 11 mars au 9 avril en 2024, du 1er au 29 mars en 2025 et du 18 février au 19 mars en 2026.
Après avoir parlé des nombres, parlons des chiffres. L’algèbre de nos écoles a été inventée il y a deux mille ans avant notre ère par les Babyloniens et les Égyptiens. L’idée était de pouvoir résoudre des équations avec une inconnue que l’on nomme par une lettre, le fameux « x » dont la valeur est à trouver. Le Papyrus Rhind (1550 avant J.-C.), écrit par Ahmès, contient 87 problèmes de géométrie, de résolution d’équations, d’arpentage et d’arithmétique. Près de 2 500 ans plus tard, au ixe siècle après J.-C., le mathématicien Al Khwârizmî, dans l’Irak actuel, rassembla ces règles et inventa le mot « algèbre ». La diffusion de ce savoir a permis de diffuser l’algèbre et l’utilisation des chiffres arabes, dont le zéro (sifr) d’origine indienne grâce à son ouvrage « Traité du système de numération des Indiens ». La forme des chiffres arabes retenus par l’occident provient de la branche arabe du Maghreb (Gubari) qui occupait une grande partie de l’Espagne du Xe au XVe siècle.

Figure 42 Des chiffres Hindi aux chiffres Arabes et Occidentaux
Après les chiffres et les nombres, les lettres et les mots !
« Aleph », la première lettre de l’alphabet sémitique, est aussi l’ancien mot hébreu (Proto Cananéen) pour « bœuf ». Comme le hiéroglyphe égyptien correspondant à cet animal, la lettre représente une tête avec des cornes. Par rotation, elle est devenue la lettre A. Notre lettre M est dérivée de la lettre sémitique « mem », mot hébreu signifiant « eau ». La lettre « mem » a été dessinée comme une petite vague. La lettre O vient de la lettre « ayin », qui signifie « œil », tandis que Q dérive de la lettre « qoth », qui signifie aussi “singe”. La queue de ce “Q” est en fait une queue de singe. Les Phéniciens, qui habitaient le Liban actuel, étaient commerçants et par leurs échanges, ont créé un alphabet qui a aussi largement inspiré le nôtre avec vingt-deux lettres pour fabriquer des consonnes aux formes anguleuses et droites stabilisées à la fin du xiie siècle avant J.-C. Par la suite, les Grecs vont créer un alphabet (Alpha-Beta) de vingt-quatre lettres, vers 800 avant J.-C., en transformant au passage quelques consonnes en voyelles. Les Étrusques, qui habitaient l’actuelle Toscane en Italie, ont repris cet alphabet que les Romains ont adopté et diffusé dans leur empire. L’Europe et l’Afrique du Nord ont alors adopté l’alphabet latin.

Figure 43 De l’alphabet phénicien à l’alphabet grec
La direction de l’écriture a changé elle aussi. Les Phéniciens écrivaient de droite à gauche, pratique conservée par la langue arabe. Les Grecs ont pratiqué l’écriture d’abord de droite à gauche pour passer au « boustrophédon », littéralement « le bœuf qui tourne » comme il faut le faire quand on laboure un champ en creusant dans un sens, puis en inversant la charrue pour creuser le sillon suivant après avoir fait demi-tour. Les Grecs se sont alors mis à écrire de gauche à droite puis de droite à gauche en changeant de ligne. C’était difficile à gérer et l’écriture de gauche à droite a été définitivement imposée par décret en 403 avant J.-C. Qui pourtant a conservé cette idée farfelue d’écrire alternativement de droite à gauche puis de gauche à droite ? Un grand nombre d’imprimantes numériques qui ont conservé la logique bidirectionnelle pour gagner du temps en évitant les retours de chariots.
Une autre illustration de la diffusion des chiffres dans nos pratiques, ce sont les cartes de jeu. Pour les cartes du monde occidental, les jeux de 52 cartes ont pour base le calendrier grégorien : il y a 4 couleurs pour les quatre saisons de l’année, 12 figures pour les 12 mois, 52 cartes pour les 52 semaines. La somme de tous les points d’un jeu de 52 cartes plus le joker est de 365, pour les 365 jours de l’année. La somme des points s’obtient en réalisant le total de chaque couleur qui donne 91 points (les valets, dames et rois valant respectivement 11, 12 et 13 points), en le multipliant par quatre pour obtenir 364 points, auquel on ajoute un point de joker. Un jeu classique est livré avec 2 jokers, ce qui donne alors un total de 366 pour les années bissextiles. Passionnant !
Nout est une déesse de la mythologie égyptienne qui symbolise le firmament et qui fut considérée comme la mère de tous les astres. En Égypte ancienne, on croyait que le Soleil disparaissait le soir dans sa bouche pour voyager la nuit dans son corps et au matin réapparaître dans son giron, à l’Est. Au cours d’un cycle éternel, les étoiles traversaient également son corps pendant le jour. Elle est l’infini céleste et sa représentation a pu être empruntée à la voie lactée lorsqu’elle forme un arc la nuit au-dessus de la Terre. En mathématiques, l’infini est représenté par la lettre n ou le chiffre 8 couché (∞). Coïncidence ou choix délibéré, l’infini de la nuit a été concentré dans le mot lui-même comme le montrent quelques exemples européens : nuit (n + huit [8]) en français, note (n + otto [8]) en italien, noche (n + ocho [8]) en espagnol, noite (n + oito [8]) en portugais, nacht (n + acht [8]) en allemand, night (n + eight [8]) en anglais, nocte (n + octe ou ox [8]) en latin… Nout, la déesse égyptienne veille sur vous chaque nuit !

Figure 44 : Nout, déesse de la nuit, veille sur tous les humains endormis
Le chiffre 8 est aussi associé à l’équilibre et l’harmonie, de l’Égypte à la Chine. Pour la civilisation indienne, le signe infini fait référence aux 8 bras du dieu Shiva. Il désigne aussi les 8 règlements de conduite et les 8 vœux prononcés par les moines bouddhistes. En Chine, le 8 est le chiffre le plus recherché, étant traditionnellement signe de chance et de réussite. Lorsque Pékin a accueilli les Jeux olympiques en 2008, la cérémonie d’ouverture a officiellement commencé à 8 h 08, le 8 août. Deux huit, ou 88, amplifient ce sens de la chance et sont souvent recherchés dans des adresses, des numéros de téléphone, et d’autres domaines de la vie quotidienne pour attirer la prospérité.
Poursuivons cette histoire du savoir par quelques anecdotes supplémentaires.
6.3 L’étonnante saga des coutumes ou des technologies
Prenons par exemple un geste quotidien que vous réalisez pour vous habiller, boutonner votre chemise. En apparence, voilà un geste égalitaire, pas de différence femmes/hommes. Et pourtant, les hommes ont des boutons côté droit, les femmes côté gauche. L’origine ? Au Moyen-Âge, les chevaliers, droitiers pour la plupart portaient leur épée à gauche pour mieux la dégainer. Pour ne pas coincer le manche dans l’ouverture de l’habit, il fallait une chemise s’ouvrant à droite et boutonnée à gauche. Pour les femmes, l’inverse a été choisi pour faciliter à la Renaissance le boutonnage par les femmes de chambre, droitières, qui se plaçaient face à leur maîtresse. Si les habits et les modes ont une histoire, il en est de même des technologies.
Une illustration de la saga des technologies nous est donnée par les boosters de la navette spatiale qui conservent des liens insoupçonnés avec l’arrière des chevaux, comme l’indique un texte qui circule sur internet. La distance entre deux rails de chemin de fer aux États-Unis est de 4 pieds et 8,5 pouces (143,5 cm) parce que, lors de la construction de ces chemins de fer, les ingénieurs anglais en charge des projets ferroviaires, ont utilisé le même écartement qu’en Angleterre, pour faciliter par la suite la vente de wagons et de locomotives anglaises. Cet écartement en Angleterre avait été adopté pour les trains, en reprenant celui des tramways, qui eux-mêmes le tenait de l’écartement des essieux des chariots. La raison de cette similitude ? Les constructeurs de tramways étaient d’anciens constructeurs de chariots qui s’étaient reconvertis. Si les chariots avaient cet écartement, c’était pour pouvoir se croiser sur les voies publiques. Si la largeur des voies publiques était normée c’était grâce aux routes construites par l’Empire romain pour accélérer le déplacement des légions romaines. Les chariots de guerre devaient être suffisamment larges pour être tirés par deux chevaux qui devaient galoper côte à côte sans se gêner. Quant aux voies, elles devaient permettre à deux chariots de se croiser. Même besoin pour les chariots de marchandises tirés par les bœufs. Voilà pourquoi l’écartement des voies ferrées aux États-Unis vient de la taille de l’arrière-train des chevaux. Quant aux réservoirs de la navette spatiale, ils étaient produits par la société Thiokol dans son usine de l’Utah. Pour être livrés au cap Canaveral en Floride, les réservoirs étaient expédiés par train, et la taille des tunnels (construits à partir de la largeur des voies) limitait la taille des réservoirs. La taille des réservoirs a été donc indirectement calée sur l’arrière-train des chevaux, un des clins d’œil de l’histoire sur l’évolution des technologies.
Comment ne pas citer ici cette histoire racontée par ces arrogants de français qui ne se gênent pas pour consulter les annales de l’histoire quand elles leur permettent d’égratigner leurs voisins anglais ! En l’an 1686, en son mois de janvier, la pointe d’une plume d’un coussin royal piqua profondément le fondement du roi Louis XIV alors qu’il s’asseyait. La blessure s’infecta en une fistule anale fort douloureuse que moult potions et onguents ne surent réduire. Stupeur et tremblements s’emparèrent des médecins du roi car aucun n’osait affronter l’intimité royale et risquer un châtiment en cas d’échec. Au bout de 4 mois de douleurs royales, le premier chirurgien dut proposer d’intervenir à l’aide d’un petit couteau recourbé de sa confection pour inciser la fistule. La rumeur dit qu’il fallut plusieurs mois de mise au point dudit couteau et paraît-il la mort d’un ou deux sujets royaux dont les fistules furent traitées pour parfaire le geste chirurgical. À l’issue d’une intervention sans anesthésie en novembre de la même année, suivie de deux autres incisions, c’est à la Noël que le roi Soleil fut considéré sauvé. L’histoire aurait oublié ce malheureux chapitre si la supérieure des dames de Saint Cyr, Madame de Brinon, (nièce de Madame de Maintenon qui, elle-même, deviendra l’épouse du roi) n’avait pas décidé de composer un cantique pour accompagner les prières célébrant la guérison du roi. Les paroles n’étaient pas très originales (Grand Dieu sauve le roi ! Longs jours à notre roi ! Vive le roi ! À lui la victoire, bonheur et gloire…) sur une musique composée pour l’occasion par Jean-Baptiste Lully (lui-même d’origine italienne). L’histoire en serait restée là si en 1714, lors de son passage à Versailles, Georg Friedrich Haendel, saxon d’origine mais devenu sujet anglais, n’avait pas trouvé le cantique fort beau et s’en fit traduire les paroles par un curé anglais nommé Carrey. Il s’empressa de l’offrir à son roi Georges Ier d’Angleterre (né aussi à Hanovre dans la Saxe, ce qui crée des liens) en prétendant l’avoir composé. Flatté, le monarque choisit cet hymne encore pratiqué de nos jours pour les cérémonies officielles, le fameux « God save the King ». Cet hymne est donc l’œuvre de plusieurs contributeurs successifs : une oie du Canada qui a fourni la plume, une Française, un Italien, un Anglais et un Saxon pour le plus grand bonheur de l’Empire Britannique.
L’étude de ces quelques sagas éclaire combien ce que nous savons, nous le devons à tous les peuples du monde. Si nous appartenons à une société riche et en bonne santé, c’est que nous avons eu la chance d’être né au bon endroit. Si certains naissent avec une cuiller en argent dans la bouche, ils n’ont rien mérité, ils ont eu de la chance ; à eux de permettre à ceux qui les entourent de pouvoir réussir à leur tour. Les vents tournants de l’histoire brassent les connaissances, les redistribuent et font émerger les peuples qui sont prêts à les utiliser et les enrichir. L’histoire montre combien depuis l’antiquité les civilisations naissent et meurent dans différents endroits du monde, malgré leurs avancées ; les barbares, qui n’ont rien à perdre et qui n’ont comme connaissance que leurs désirs instinctifs, achèvent les civilisations sur le déclin. Si le savoir peut soulager nos différences, autant participer à sa diffusion.
« Il faut prendre par la main la cohabitation entre populations avant qu’elle ne vous prenne à revers ». Sophia
Chez l’Homme, l’évolution culturelle (par l’acquisition de nouveaux fonctionnements sociaux, de savoirs, et savoir-faire transmis entre générations) a accéléré son extension territoriale et pris le relais de la sélection génétique. Depuis l’avènement d’Homo sapiens, nos cultures font l’objet d’une sélection Darwinienne analogue à la sélection génétique. Les cultures sont en effet toujours sélectionnées par leur environnement mais dans cet environnement anthropomorphique il faut intégrer le milieu naturel et les autres cultures humaines qui l’occupent. Dans cette nouvelle sélection, ce n’est pas le plus civilisé qui gagne, ce n’est pas le mieux adapté au milieu naturel, c’est celui qui s’impose aux autres populations. Le monde humain éclairé a ainsi oscillé entre différents pôles culturels comme ceux de la Mésopotamie, de l’Égypte, de la Chine, des peuples Grecs, Romains, Arabes du Moyen Âge, puis ceux de l’Europe de la Renaissance et de la révolution industrielle, des États Unis dans la première partie du XXe siècle, de la Chine et du Japon dans la deuxième partie du XXe siècle, et maintenant, à qui le tour ? Le XXe siècle a appris à l’Europe et notamment à ses puissances coloniales, qu’elles n’avaient pas su se renouveler et que d’autres cultures avaient pris l’ascendant. Ainsi les cultures qui s’imposent sont souvent celles qui acquièrent des sauts technologiques, accaparent les richesses naturelles, sont les plus belliqueuses, les plus prolifiques. Être civilisé n’est donc pas suffisant pour assurer sa pérennité comme l’histoire l’a prouvé en effaçant les civilisations au cours du temps.
« Pour l’Homme, le Darwinisme génétique a été remplacé par un Darwinisme des cultures ; l’histoire a montré que le plus civilisé ne gagne pas toujours contre le plus ignorant, le plus belliqueux, le plus prolifique ». Sophia
Maintenant que nous sommes « un monde » et que la diffusion du savoir est grandement facilitée par les technologies, il est grand temps d’éduquer à la raison pour bâtir entre humains raisonnables.
« L’avenir est aux armes d’instruction massive ». Sophia
Puisque notre cerveau est une caractéristique de notre espèce, faisons ensemble un voyage intérieur pour en savoir davantage sur nous-mêmes.
[1] Massive Open Online Course : formations universitaires gratuites et à distance
[2] Julien d’Huy, Cosmogonies. La préhistoire des mythes
[3] Hans Abrahamsson, 1951, The Origin of Death. Studies in African Mythology, Uppsala, Almqvist/Wiksells (Studia Ethnographica Upsaliensia, 3)
[4] La définition moderne des planètes du système solaire permet d’en compter 8 (Mercure, Saturne, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Uranus, Neptune) si l’on exclut les planètes naines dont le nombre actuel de 5 pourrait croître au fur et à mesure des découvertes. Le Soleil qui est une étoile fait partie de la liste des astres et n’est pas une planète.
[5] Livres de la Bible : Gn : Genèse ; Ex : Exode ; Nb : Nombres ; Jug : Juges ; R : Ruth ; Ch : Chroniques ; Act : Actes des Apôtres
[6] En excluant les années centenaires divisibles par 400