Nous sommes les enfants d’un pacte tribal de 300 000 ans

4. Nous sommes les enfants d’un pacte tribal de 300 000 ans,

Comment éduquer 300 000 ans d’instincts ?

Pendant des centaines de milliers d’années, les humains ont vécu en petites communautés. La coopération, la solidarité et le partage des ressources ont permis la survie de l’espèce.

Ces mécanismes sociaux anciens continuent encore aujourd’hui d’influencer nos comportements collectifs.

Nos instincts issus du Pacte tribal, c’est aussi une boîte à outil pour construire notre identité « Mundi »

Le Pacte tribal décrit dans le livre « Mundi » illustre certains réflexes acquis pendant 300 000 années de vie commune en tant qu’Homo sapiens pour permettre la vie en collectivité : il y a par exemple la soumission, la réciprocité, le besoin de reconnaissance, le besoin de justice… Ces instincts ont pour but commun la réduction de la violence intra-groupe. En codifiant la soumission, la justice ou la reconnaissance, Homo sapiens a pu transformer une énergie agressive en puissance collective, rendant possible la transition des petits clans vers les sociétés complexes. Pour survivre en groupes de plus en plus larges, notre espèce a dû sélectionner des comportements qui inhibent notre agressivité spontanée au profit de la coopération. 

Identifier ces traits de caractères que nous partageons a au moins deux vertus : nous préparer à étendre cette démarche à une échelle internationale et éviter de se faire manipuler par ceux qui exploitent nos réflexes dans leur seul intérêt.

Ces réflexes ne sont pas des inventions philosophiques récentes, mais des mécanismes biologiques et cognitifs documentés par l’anthropologie évolutionnaire, la psychologie cognitive et la biologie des populations.

Cette hypothèse d’ « Autodomestication humaine » a été théorisée par Richard Wrangham[1]  dans « The Goodness Paradox (2019) » pour expliquer pourquoi l’Homo sapiens présente des traits physiques et comportementaux plus “doux” que ses ancêtres. Il démontre que les humains ont sélectionné (souvent par l’exécution ou la mise à l’écart des individus trop violents) une réduction de l’agression réactive. Cela a favorisé des gènes liés à la coopération et à la docilité, un processus similaire à la domestication des animaux. Cette hypothèse est complétée par des études (comme celles de l’Université de Barcelone en 2019) qui ont identifié des réseaux génétiques (liés aux cellules de la crête neurale[2]) qui sont spécifiques à l’Homo sapiens et absents chez Néandertal, expliquant notre plus grande « prosocialité ».

Prenons le temps de revoir certains de ces « comportements sociaux réflexes » :

  • La réciprocité : 

La capacité de la réciprocité à souder le groupe a fait l’objet d’analyses mathématiques et biologiques des comportements de justice et de détection des tricheurs. Robert Axelrod [3](The Evolution of Cooperation) et Robert Trivers[4] (Théorie de l’altruisme réciproque) ont utilisé la théorie des jeux pour montrer que pour que la coopération survive, l’évolution doit doter les individus de mécanismes de détection des “tricheurs” et d’un besoin de justice/réciprocité (stratégie du “donnant-donnant”). Nous sommes neurologiquement plus rapides pour identifier quelqu’un qui prend sans donner que pour identifier quelqu’un de généreux.

Étendue à l’échelle du monde, la théorie des jeux suggère une coopération organisée entre pays plutôt que le recours à la loi du plus fort. « Le plus fort » reste en effet un statut qui varie au gré des vents tournants de l’histoire et qui ne garantit pas au vainqueur d’un jour un avenir durable. Comme nous le constatons, le modèle instable du « plus fort » pour les nations est coûteux pour l’humanité… A moins que l’autorité soit un jour attribuée volontairement à l’échelle mondiale.

  • Le besoin de justice, la détection et la punition des tricheurs :

 L’évolution a gravé en nous une sensibilité extrême à la rupture du contrat social. 

Une tribu incapable d’établir des règles du jeu et de les faire respecter voyait la confiance s’éroder, puis la coopération s’effondrer. La justice apparaît ainsi comme le prolongement institutionnel de la morale.
La morale exprime intuitivement ce que le groupe considère comme juste ou injuste ; la justice transforme ces intuitions en règles stables, prévisibles et applicables à tous. Elle protège les règles de réciprocité qui soudent le pacte tribal.

La fonction profonde de la justice n’est pas seulement de punir. Elle sert avant tout à créer de la prévisibilité dans les comportements humains. Lorsque chacun sait que les règles sont connues, relativement stables et appliquées de manière équitable, la confiance devient possible. Or la confiance réduit la peur, facilite la coopération et permet à des sociétés complexes d’exister.

Sans justice crédible, les relations humaines retombent dans l’incertitude permanente : chacun doit alors se protéger, soupçonner l’autre ou chercher à dominer avant d’être dominé. La justice constitue donc un mécanisme de pacification du groupe. Elle remplace progressivement la vengeance personnelle par des règles communes capables d’arbitrer les conflits. 

« Pour vivre en paix, il faut être prévisible ».Sophia Omnes, Mundi 

Mais ce besoin fondamental de justice possède aussi une face dangereuse. Lorsque l’angoisse collective grandit et qu’aucun responsable clair n’est identifié, les sociétés ressentent malgré tout le besoin de désigner un coupable afin de restaurer une cohésion menacée.

L’histoire montre alors l’émergence de boucs émissaires : individus ou groupes accusés de porter la faute collective. L’exclusion ou la punition de ces figures peut temporairement recréer un sentiment d’unité, non parce que la vérité a été trouvée, mais parce qu’un ennemi commun apaise momentanément l’anxiété du groupe.

Toute civilisation se mesure peut-être à sa capacité à distinguer la véritable justice — fondée sur des règles impartiales et la recherche de vérité — de la tentation archaïque du sacrifice collectif.

  • L’empathie cognitive :

L’être humain possède une capacité instinctive remarquable : celle d’attribuer des états mentaux à autrui. Dès l’enfance, nous cherchons spontanément à deviner ce que les autres pensent, veulent, ressentent ou prévoient de faire. Ce mécanisme, que les psychologues appellent parfois « théorie de l’esprit », nous permet de vivre dans un univers social extraordinairement complexe.

Ce réflexe offre un avantage évolutif majeur : comprendre les intentions des autres permet de prédire leur comportement, d’anticiper les besoins du groupe, d’identifier les alliés fiables mais aussi de détecter les intentions malveillantes avant qu’elles ne deviennent des actes. Dans un environnement tribal, cette capacité augmentait considérablement les chances de survie collective.

Mais l’empathie cognitive humaine va plus loin que la simple lecture des intentions individuelles.
L’humain est capable de construire des intentions partagées : « nous allons faire cela ensemble ». Cette aptitude à entrer dans une réalité mentale commune constitue l’une des grandes singularités de notre espèce.

Michael Tomasello[5], dans « A Natural History of Human Thinking (2014) » a montré à travers des études comparatives entre jeunes enfants et grands singes que l’humain possède un instinct unique pour l’attention conjointe et la poursuite de buts communs. Là où les grands singes coopèrent surtout de manière opportuniste, l’enfant humain cherche spontanément à partager l’attention, l’information et l’intention.

Nous avons ainsi le réflexe presque irrépressible de regarder ce qu’un autre regarde.
Un doigt pointé, un regard tourné vers un objet ou une émotion exprimée suffisent à synchroniser notre attention. Ce mécanisme paraît banal, mais il constitue probablement le fondement de toute culture humaine.

Car apprendre, chez l’humain, ne consiste pas seulement à observer : cela consiste à entrer dans une réalité commune.
Cette capacité permet l’enseignement des savoir-faire, la transmission technique et l’accumulation culturelle à travers les générations. Le feu, les outils, la médecine, l’agriculture, les récits, les rites ou les connaissances scientifiques n’ont pu survivre que parce que des humains ont partagé durablement une même attention et une même compréhension du monde.

L’attention conjointe transforme ainsi une simple tribu biologique en communauté culturelle.
Elle permet non seulement de coopérer dans le présent, mais aussi de transmettre des mondes mentaux entiers aux générations futures.

En ce sens, l’empathie cognitive n’est pas seulement une faculté psychologique : elle est l’une des infrastructures invisibles de la civilisation humaine.

Le versant  très négatif de cette aptitude à imaginer ensemble ? Vous ne pourrez jamais faire se battre 500 lions contre 500 autres lions mais pour les humains, aucun problème pour lancer un pays d’un milliard d’habitants à l’assaut d’un autre pays d’un milliard d’habitants. 

« L’espèce la plus intelligente de la terre peut devenir la plus sotte car elle est programmable».Sophia Omnes, Mundi
  • La réputation : 

Nous sommes soucieux du jugement, du regard des autres. Le sentiment de honte ou de fierté est un instinct social puissant. Avouons-le, nous agissons différemment quand nous nous savons observés. La peur de perdre sa réputation agit comme une “police invisible” garantissant l’ordre public. Dès le Moyen-âge, le pilori a été un instrument de justice seigneuriale ou royale : être exposé publiquement avec un écriteau précisant son crime, être frappé de l’infamie qui brise la réputation, participaient à la dissuasion voulue par le monarque. En Chine, le pilori était constitué d’ une lourde planche de bois percée d’un trou pour le cou (et parfois pour les mains) que le condamné devait porter en public ; sous l’ère de Mao Zedong (notamment entre 1966 et 1976), les “ennemis de classe” ou intellectuels étaient forcés de porter des chapeaux d’âne en papier, des pancartes dénonçant leurs crimes, et devaient subir les insultes et les coups de la foule sur des estrades publiques. 

 Si le pilori a disparu, l’expression subsiste pour désigner le lynchage médiatique ou le “name and shame” sur les réseaux sociaux.

A l’inverse, la fierté de disposer d’un statut élevé, celui qui vous positionne haut dans la hiérarchie sociale est souvent un puissant moteur pour la contribution des individus à la société. Les experts en marketing en profitent car les marqueurs de réussite ou de prestige sont recherchés : bijoux, objets d’art, véhicules, habitations de luxe, médailles, distinctions en tout genre portent un message social qui justifie la valeur virtuelle qu’on leur attribue.

« Le luxe est une nécessité qui commence là où la nécessité s’arrête. » Jean de La Bruyère, écrivain moraliste français.
  • L’intégration dans les dynamiques de pouvoir du groupe : 

Dans les groupes humains les hiérarchies relèvent principalement de hiérarchies de prestige en lieu et place de la simple force. L’Homme privilégie des organisations sociales efficaces sans recours constant à la violence physique. L’autorité peut naître du prestige. Le groupe accorde de l’importance et de l’influence à ceux qui possèdent des compétences utiles au groupe (guérison, chasse, narration). C’est certainement la source de notre recherche d’utilité pour la société car se sentir inutile, c’est perdre une part de sa raison de vivre. L’utilité, source de prestige est certainement une explication du respect pour les anciens que l’on retrouve dans nombre de populations ; un bon moyen de vivre plus longtemps même si la force vous manque. Les grands parents participent alors à l’éducation des petits enfants, à l’administration de la justice, à la transmission de la culture…

Cette acceptation de l’autorité attribuée aux échelons supérieurs de la pyramide du pouvoir entraîne des réflexes de soumission qui expliquent parfois la docilité et la résignation des peuples opprimés. L’étiquetage qui permet au groupe de classer rapidement les individus et de leur attribuer des rôles pour permettre une coopération efficace peut se révéler extrêmement toxique. La soumission spontanée aux étiquettes que le groupe ou l’autorité vous attribue peut vous enfermer dans un rôle qui déforme qui vous êtes ; une fois une étiquette posée — « tricheur », « étranger », « élite », « victime », « héros », « déviant » — le groupe tend à ne plus voir la personne réelle derrière la catégorie. L’étiquette simplifie la réalité mais peut aussi figer les individus, alimenter les préjugés et justifier l’exclusion.

« Dès l’instant où vous me catégorisez, vous me niez. »Søren Kierkegaard, Philosophe, théologien et écrivain danois

C’est pourtant à partir de cette dynamique du pouvoir aux facettes multiples qu’il nous faut construire cette acceptation d’une délégation d’autorité à l’échelle mondiale pour traiter les problèmes planétaires.

  • La préférence tribale, socle de la solidarité collective : 

Pour renforcer la cohésion interne face à la compétition pour les ressources,  notre réflexe est de favoriser les membres de notre propre groupe et de se méfier instinctivement de “l’étranger”. Nous favorisons naturellement ceux qui nous paraissent familiers : la famille, la commune, la région, la nation, le continent, à quand le monde ? Le sport est une bonne illustration de ce chauvinisme qui peut faire vibrer toute une nation à l’unisson.

 La préférence tribale reste un obstacle majeur pour une coopération globale sauf si le sentiment de tribu s’étend à l’espèce dans son combat contre les dangers qui la défient à l’échelle de la planète.

  • L’imitation et la contagion comportementale : 

L’être humain apprend d’abord par imitation avant d’apprendre par raisonnement. Nous reproduisons instinctivement les comportements observés chez les autres : gestes, émotions, opinions, modes de vie, peurs ou enthousiasmes. Ce réflexe mimétique a constitué un avantage évolutif immense, car il permettait la transmission rapide des savoir-faire sans devoir tout réinventer à chaque génération. Observer un membre du groupe fabriquer un outil, allumer un feu ou reconnaître une plante toxique augmentait immédiatement les chances de survie du collectif.

Au-delà de l’apprentissage,  nous adoptons les comportements et les croyances de la majorité du groupe. L’avantage est de réduire les frictions internes car en suivant la norme, l’individu évite d’être écarté du groupe, ce qui fut certainement l’équivalent d’une condamnation à mort durant la majeure partie de l’évolution de notre espèce. Les effets indésirables de ce conformisme sont nombreux, comme par exemple, la prise de décision en groupe où  les plus compétents ne font pas toujours la loi ; sans parler de cette dilution de la responsabilité individuelle dans une responsabilité virtuelle de la collectivité, ce qui fait prendre parfois davantage de risques au groupe. Le conformisme atteint son paroxysme en observant les réactions des foules où le comportement individuel obéit aux ficelles invisibles de la contagion.

« Dans les foules, c’est la bêtise et non l’esprit qui s’accumule. »Gustave Le Bon,  médecin, anthropologue, psychologue social et sociologue français. “Psychologie des foules”

Les émotions circulent dans les groupes comme des ondes : peur, colère, panique, enthousiasme ou violence peuvent se propager très rapidement. 

Le marketing qui régit les réseaux sociaux modernes amplifie encore ce mécanisme tribal ancestral en stimulant notre désir mimétique : imitation des comportements, des manières de s’habiller,  de se maquiller ou de se loger, emballements collectifs, indignations virales, diffusion accélérée des croyances et des rumeurs.

  • La quête de sens :

Nous  supportons difficilement l’absence d’explication. Nous cherchons instinctivement à donner du sens aux événements, à relier les faits entre eux et à construire des récits communs permettant de comprendre le monde. Cette capacité a probablement favorisé la cohésion des groupes humains : partager une même histoire, une même origine ou une même croyance renforce l’unité collective et permet d’agir ensemble.

Mythes fondateurs, religions, idéologies politiques, récits nationaux ou visions du progrès répondent tous à ce besoin profond de cohérence et d’orientation. Les sociétés humaines ne vivent pas uniquement de nourriture et de sécurité ; elles vivent aussi de significations partagées.

Mais cette quête de sens possède également une face dangereuse : lorsque nous ne comprenons plus les événements, nous avons tendance à chercher des responsables simples, des explications absolues ou des ennemis désignés. Les théories complotistes, les fanatismes ou certaines radicalisations naissent souvent de cette difficulté humaine à accepter l’incertitude et la complexité. Ainsi pour traiter les crises économiques ou politiques notamment à l’échelle mondiale, les sociétés cherchent fréquemment des récits simplificateurs capables d’expliquer rapidement leurs difficultés et de désigner des responsables.

  • La frustration relative : 

L’être humain évalue rarement sa situation de manière absolue ; il la compare constamment à celle des autres. Nous ressentons souvent davantage l’injustice d’un écart que la pauvreté elle-même. Ce mécanisme a probablement joué un rôle dans la surveillance de l’équité au sein des groupes humains : un individu qui recevait systématiquement moins que les autres pouvait remettre en cause la coopération collective.

Ce réflexe explique pourquoi des sociétés globalement prospères peuvent malgré tout produire un fort mécontentement social. Ce n’est pas seulement le niveau de richesse qui importe, mais le sentiment d’être traité moins favorablement qu’un autre groupe ou qu’une autre catégorie sociale. Ainsi, les pays développés n’échappent pas à la contestation populaire. La publicité, les réseaux sociaux et l’exposition permanente aux signes extérieurs de réussite amplifient aujourd’hui cette comparaison continue. Nous comparons nos revenus, nos statuts, nos apparences, notre reconnaissance sociale, nos bonheurs respectifs…

La frustration relative est un puissant moteur de désir ou d’effort mais le progrès qu’elle peut engendrer n’est jamais loin du ressentiment, de la jalousie, de la radicalisation politique ou du conflit entre groupes. L’histoire a connu de nombreuses révolutions alors que les populations ne mouraient pas forcément de faim ; elles supportaient de moins en moins l’écart perçu entre leur situation et celle des élites.

« Dans les foules, c’est la bêtise et non l’esprit qui s’accumule. »

Gustave Le Bon,  médecin, anthropologue, psychologue social et sociologue français. “Psychologie des foules”

« Si on ne voulait qu’être heureux, cela serait bientôt fait. Mais on veut être plus heureux que les autres, et cela est presque toujours difficile parce que nous croyons les autres plus heureux qu’ils ne le sont. »Montesquieu, Philosophe, écrivain du siècle des lumières

Que retenir de ces réflexes tribaux pour notre défi contemporain à l’échelle mondiale ?

Nos instincts sont « calibrés » pour des groupes restreints, des interactions directes, des entités limitées. Dans un monde globalisé, ces réflexes restent à canaliser et élargir par l’éducation; à chacun, le devoir de sublimer ces réflexes pour contribuer aux défis mondiaux ; le Pacte tribal n’est pas à abandonner, il est à mettre à jour.

Merci à Michel Lamaire pour cette contribution !


[1] Richard Wrangham : anthropologue et primatologue britannique

[2] Les cellules de la crête neurale sont une population de cellules souches qui colonisent les organes durant les phases précoces du développement embryonnaire pour former de multiples dérivés : les os du visage, les pigments de la peau, la gaine de myéline du système nerveux périphérique, et l’intégralité du système nerveux de l’intestin.

[3] Robert Axelrod : professeur de science politique américain

[4] Robert Trivers : biologiste et sociobiologiste américain

[5] Michael Tomasello : psychologue cognitiviste américain

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